Entre Immich et Google Photos, tout se joue sur une question. Voulez-vous faire tourner votre propre serveur photo ? Immich ressemble beaucoup à Google Photos et fonctionne de la même façon, avec une frise chronologique, les visages, une carte, des souvenirs et la sauvegarde automatique du téléphone. La différence, c’est qu’il tourne sur une machine chez vous, et que c’est à vous de la faire fonctionner, de la mettre à jour et de la sauvegarder.
Si vous voulez la confidentialité sans serveur, lisez la partie consacrée à Ente plus bas. Prix et versions vérifiés en octobre 2026.
Immich et Google Photos Côte à Côte
| Immich | Google Photos | |
|---|---|---|
| Prix (oct. 2026) | Logiciel gratuit. Clé de soutien facultative, 25 dollars US par utilisateur ou 100 dollars US par serveur. Vous payez le matériel, les disques et l’électricité | 15 Go gratuits, partagés avec Gmail et Drive. Au-delà, un forfait Google One à partir de 100 Go |
| Où vivent vos photos | Sur votre propre serveur, sous forme de fichiers ordinaires | Sur les serveurs de Google |
| Vie privée et chiffrement | Personne d’autre ne les voit. Pas chiffrées sur le disque, sauf si vous chiffrez le disque | Chiffrées par Google, pas de bout en bout. Google les analyse pour la recherche, les visages et les fonctions Gemini |
| Qui est derrière | Projet open source soutenu par FUTO | Google, États-Unis |
| Reconnaissance des visages | Oui, sur votre serveur | Oui, avec les groupes de visages |
| Recherche | Objets, visages, métadonnées, texte dans les photos et recherche en langage courant | La meilleure, plus Demander à Photos (Ask Photos) avec Gemini |
| Carte et souvenirs | Oui | Oui |
| Partage | Albums partagés, partage avec un proche, liens publics si votre serveur est joignable depuis Internet | Albums partagés, partage avec un proche, liens pour n’importe qui |
| Retouche | Recadrer, faire pivoter, retourner | Éditeur complet avec outils d’IA |
| Sauvegarde du téléphone | Oui, mais moins fiable en arrière-plan | Oui, automatique |
| Plateformes | Android, iPhone, Web. Serveur sous Linux 64 bits avec Docker | Android, iPhone, Web |
| Langue | Interface en français, documentation en anglais | Tout en français |
| Import et export | Importe Google Takeout avec immich-go. Les originaux restent des fichiers que vous copiez où vous voulez | Export Takeout, avec dates et lieux dans des fichiers JSON séparés |
| Open source | Oui (AGPL-3.0) | Non |
Vie Privée et IA
Google Photos stocke votre bibliothèque chiffrée, mais Google détient les clés et analyse vos photos pour faire tourner la recherche, les groupes de visages et ses fonctions Gemini. Google affirme ne jamais utiliser vos données Photos pour la publicité, ni pour entraîner des modèles d’IA générative en dehors de Google Photos. Les fonctions Gemini, comme Demander à Photos, exigent d’activer les groupes de visages. Beaucoup de gens s’en accommodent. Pour d’autres, savoir qu’un modèle d’IA passe sur leurs photos de famille est justement la raison de partir.
Immich fait tourner la reconnaissance des visages et la recherche sur votre propre matériel, donc aucune entreprise ne voit vos photos. Il ne les chiffre pas lui-même sur le disque, alors activez le chiffrement du disque si le serveur risque d’être volé. La confidentialité dépend aussi de la façon dont vous y accédez de l’extérieur. La documentation d’Immich déconseille d’ouvrir le port d’Immich sur votre box, car vos identifiants circuleraient alors en HTTP non chiffré.
Les Fonctions du Quotidien
Visages, Recherche et Carte
Les deux regroupent les visages, placent vos photos sur une carte et font ressurgir les anciennes sous forme de souvenirs. La recherche d’Immich couvre les objets, les visages, les métadonnées et les requêtes en langage courant. La version 3.3 (octobre 2026) a amélioré la reconnaissance du texte, et vous retrouvez la photo d’un ticket de caisse grâce aux mots qu’il contient. La recherche de Google reste meilleure, et Demander à Photos répond à vos questions sur votre bibliothèque en langage courant. Les utilisateurs d’Immich jugent sa recherche bonne, mais en retrait sur celle de Google.
Partager en Famille et Avec les Amis
Au sein d’un foyer, Immich vaut Google. Chacun a son compte, le partage avec un proche fait apparaître les photos d’une personne dans la frise de l’autre, et les albums partagés fonctionnent d’un compte à l’autre. Partager avec l’extérieur est plus compliqué. Google donne un lien à n’importe qui. Immich sait aussi créer des liens publics, mais seulement si votre serveur est joignable depuis Internet, en général par un proxy inverse HTTPS. Si vous passez par un VPN comme Tailscale, les personnes extérieures ne peuvent pas ouvrir ces liens.
La Retouche
L’éditeur de Google a une longueur d’avance, avec ses outils d’IA en plus. Immich a ajouté un éditeur dans sa version 2.5, qui recadre, fait pivoter et retourne les photos sans toucher à l’original. Les filtres ne sont pas encore là.
La Sauvegarde du Téléphone
Google Photos sauvegarde en arrière-plan sans faire d’histoire. L’appli Immich sauvegarde aussi automatiquement, mais de façon moins fiable en arrière-plan, surtout sur iPhone, où c’est iOS qui décide quand elle peut tourner. Ouvrez l’appli tous les deux ou trois jours pour qu’elle rattrape son retard.
Ce Que Coûte Vraiment Chacun
Google Photos partage 15 Go gratuits avec Gmail et Drive. Au-delà, il faut un forfait Google One. Les forfaits commencent à 100 Go, et Google vend désormais une partie d’entre eux avec ses fonctions Gemini, sous le nom Google AI. Google a remanié ces offres plusieurs fois en 2026, alors relevez le prix actuel en euros sur one.google.com. Le paiement annuel fait économiser jusqu’à 16 %.
Immich ne coûte rien à l’usage. Vous payez le matériel une fois, des disques pour trois copies de votre bibliothèque, et l’électricité.
- Le serveur. Immich demande une machine Linux 64 bits avec au moins 6 Go de mémoire vive (8 Go conseillés) et 2 cœurs (4 conseillés). Un mini-PC, un NAS qui fait tourner Docker ou un vieil ordinateur de bureau font l’affaire.
- Le stockage. Prévoyez la taille de votre bibliothèque plus 10 à 20 % pour les miniatures et les vidéos converties, puis autant pour chaque copie de sauvegarde.
- L’électricité. Le serveur tourne jour et nuit, toute l’année.
Pour comparer, calculez votre seuil de rentabilité à partir du prix annuel de votre forfait Google. Prenons un forfait facturé 10 € par mois, soit 120 € par an. Si votre serveur et vos disques de sauvegarde coûtent 360 €, ils équivalent à trois ans d’abonnement, électricité non comprise. Si vous avez déjà un NAS ou un ordinateur allumé en permanence, le surcoût peut être presque nul. Avec une petite bibliothèque qui tient dans le forfait de 100 Go de Google, un serveur à la maison est rarement rentable.
Qui Garde les Copies de Sauvegarde
Avec Google Photos, c’est Google qui garde les copies. Ce n’est pas pour autant une sauvegarde au sens strict. Supprimez une photo dans l’appli, et elle disparaît de tous les appareils synchronisés. Si vous perdez l’accès à votre compte Google, vous perdez l’accès à la bibliothèque. Gardez de temps en temps un export Google Takeout ailleurs.
Avec Immich, le serveur est une copie, et le README d’Immich vous demande de toujours suivre la règle 3-2-1, soit 3 copies, dont 2 chez vous sur des appareils différents et 1 hors de chez vous. Immich enregistre chaque nuit une copie de sa base de données, qui contient vos albums et les personnes mais aucune photo. Sauvegardez donc à la fois les dossiers de photos et ces copies. Deux disques en miroir vous protègent d’un disque mort, pas d’un album supprimé ni d’une mise à jour ratée.
Le Travail Que Demande l’Auto-Hébergement
Prévoyez un week-end pour l’installation et l’import, puis un peu de temps chaque mois.
- Les mises à jour. Immich sort souvent de nouvelles versions. La version 3.0 (juillet 2026) contenait des changements incompatibles, et le retour à une version antérieure n’est pas pris en charge, alors lisez les notes de version avant chaque mise à jour.
- L’accès à distance. Consulter vos photos de l’extérieur sans risque demande un VPN ou un proxy HTTPS bien configuré.
- Les réparations. Les disques lâchent et le courant se coupe, et personne d’autre que vous ne répare.
- Les compétences. Il faut être à l’aise avec un terminal, la modification d’un fichier texte et les commandes Docker.
Immich est stable depuis la version 2.0, sortie en octobre 2025, et la version 3.3.3 est sortie le 14 octobre 2026. Ses utilisateurs l’apprécient beaucoup. Le logiciel tient la route, et l’effort porte sur l’entretien.
Ente, Si Vous Ne Voulez Pas de Serveur
Si vous voulez quitter Google Photos sans entretenir de serveur, regardez Ente. Il est open source (AGPL-3.0) et chiffré de bout en bout, donc ses serveurs stockent des photos qu’ils ne peuvent pas lire. Le regroupement des visages et la recherche tournent sur vos propres appareils.
- Prix sur le site d’Ente (octobre 2026). Ente facture en dollars US, au même tarif dans le monde entier. 10 Go gratuits, puis 2,49 dollars par mois pour 50 Go, 4,99 pour 200 Go, 9,99 pour 1 To et 19,99 pour 2 To. Dans l’appli achetée sur l’App Store français, c’est plus cher, avec par exemple 11,99 € par mois pour 1 To. Chaque offre payante se partage sans surcoût avec 5 membres de la famille.
- Les copies. Les offres payantes gardent vos photos chiffrées chez 3 hébergeurs différents, à Amsterdam, Paris et Francfort.
- Les compromis. La recherche et le regroupement des visages sont moins bons que chez Google, et Ente coûte plus cher au téraoctet que le forfait de 2 To de Google.
Notre guide de Google Photos vers Ente couvre ce déménagement, et notre page alternatives à Google Photos compare Ente, Immich, Proton Drive et iCloud.
Quitter Google Photos pour Immich
L’import est la partie facile, grâce à immich-go, un outil communautaire gratuit qui lit directement les fichiers Takeout de Google.
- Regardez l’espace occupé par vos photos sur photos.google.com/storage, et dimensionnez vos disques à partir de ce chiffre plus 20 %.
- Installez Immich avec Docker Compose sur votre serveur et créez votre compte.
- Sur takeout.google.com, cliquez sur Tout désélectionner, cochez Google Photos, choisissez le type .zip et une taille de 50 Go, puis cliquez sur Créer une exportation.
- Téléchargez toutes les parties dans les sept jours environ. Ne les décompressez pas.
- Créez une clé d’API dans Immich (Paramètres du compte, puis Clés d’API), puis lancez la commande
upload from-google-photosd’immich-go, d’abord avec--dry-run, puis pour de bon. Elle associe chaque photo à son fichier JSON, si bien que dates, lieux et albums suivent. - Installez l’appli Immich, activez la sauvegarde, et seulement ensuite coupez celle de Google Photos.
- Mettez en place vos sauvegardes, et ne supprimez de Google Photos qu’après avoir restauré une sauvegarde au moins une fois.


Notre guide de Google Photos vers Immich détaille chaque étape, de l’installation du serveur à l’accès à distance et aux sauvegardes 3-2-1.
Quand Google Photos Reste Meilleur
Rien ne vous oblige à tout faire d’un coup. Essayez Immich à côté de Google Photos pendant quelques semaines avant de vous décider, et gardez la sauvegarde de Google active jusqu’à ce que la vôtre ait fait ses preuves.
Les photos sont souvent ce qui pèse le plus dans un compte Google. Pour voir ce qui dépend encore du vôtre avant de supprimer quoi que ce soit, lancez notre outil d’analyse gratuit.